MON PARCOURS

Bienvenue sur cette page personnelle. Plutôt que de me présenter en quelques lignes formelles, j’ai choisi de partager ici un fragment plus complet de mon parcours — d’où vient cet appel pour les soins énergétiques, qu’est-ce qui a transformé une curiosité initiale en cheminement de fond, et quelles expériences vécues dans mon propre corps ont façonné la posture professionnelle d’aujourd’hui. Ce récit n’a pas la prétention de poser des vérités universelles. Il offre simplement un aperçu honnête de ce qui m’anime, dans l’idée que partager son chemin peut éclairer celui d’autres personnes en questionnement.

Avant : la vie d’avant la rencontre avec l’énergétique

Comme beaucoup, je ne suis pas arrivé aux soins énergétiques par une voie linéaire. Avant cette rencontre, ma vie ressemblait à celle de la plupart des gens autour de moi : un travail prenant — celui d’agriculteur dans mon cas — qui occupait l’essentiel de mes journées, des relations, des projets, des préoccupations ordinaires. Rien de mystique, rien de spirituel au sens explicite du terme.

Une santé moyenne, des malaises persistants

Aux environs de 1993, j’avais commencé à éprouver des douleurs au dos qui ne me lâchaient plus. Plusieurs rhumes par hiver, un gros mal de tête presque chaque mois. Pour le reste, ma santé était relativement bonne. Je composais avec ces malaises sans m’en plaindre vraiment — c’était devenu mon état de base. Je mettais cela sur le compte du métier physique, de l’âge, des saisons. L’idée que la cause puisse être ailleurs ne m’effleurait pas.

Une méfiance instinctive envers le « spirituel »

J’avais grandi dans un environnement plutôt rationaliste, et je regardais avec une certaine méfiance tout ce qui touchait au domaine spirituel ou énergétique. Cristaux, chakras, médiums : tout cela me semblait appartenir à un univers que je n’envisageais pas comme sérieux. Je ne le critiquais pas activement, mais je m’en tenais éloigné. Cette précision n’est pas anecdotique : elle change le sens du parcours qui a suivi. Je ne suis pas venu à l’énergétique par adhésion préalable. J’y suis venu par lectures, par expériences directes, et souvent malgré moi.

Les premiers jalons : Pierre Morency et l’ouverture progressive

La première porte s’est entrouverte en 2003, et elle ne ressemblait pas à ce qu’on imagine habituellement quand on parle de cheminement spirituel.

2003 : « Demandez et vous recevrez » de Pierre Morency

Cette année-là, j’ai lu le livre de Pierre Morency, Demandez et vous recevrez. C’était mon premier contact avec ce qu’on appelle la loi de l’attraction. Le ton de Morency, à la fois pragmatique et provocateur, m’a permis d’aborder ces idées sans me sentir entraîné dans un univers ésotérique étranger à ma sensibilité. Le livre proposait des principes à tester par l’expérience, pas des dogmes à adopter par croyance. Cette approche convenait parfaitement à ma posture du moment : sceptique mais curieux.

2004 : un séminaire intensif d’une semaine

L’année suivante, j’ai participé à un séminaire intensif d’une semaine animé par Pierre Morency. C’est là que j’ai été initié aux fondements du yoga, à la respiration pranique et à la méditation. Une semaine entière à pratiquer plusieurs heures par jour ces disciplines que je ne connaissais qu’à travers les livres. L’effet a été immédiat : j’ai senti, dans mon propre corps, qu’il se passait quelque chose. Pas une révélation spectaculaire — une sensation persistante de calme et de clarté que je n’avais pas connue auparavant.

L’intégration dans le quotidien

De retour à mon quotidien, j’ai fait des choix pragmatiques. Le yoga, dans sa forme classique, demandait un temps que mon métier physique ne me laissait pas — mon corps bougeait déjà beaucoup toute la journée. J’ai gardé une version express de trois minutes le matin, suffisante pour soulager mes douleurs au dos. En revanche, la respiration pranique et la méditation sont devenues des piliers quotidiens, jamais abandonnés depuis.

Une particularité de mon métier a aidé à cette intégration : je passe de longues heures sur mon tracteur, qui se conduit aujourd’hui à 90 % de manière autonome grâce au GPS. Je n’écoute pas la radio. Cela me laisse un temps considérable pour réfléchir, méditer, pratiquer la respiration consciente. Ce qui aurait pu être du temps mort est devenu un atelier intérieur permanent. Beaucoup de mes prises de conscience importantes sont nées dans ce silence agricole.

La construction patiente d’une bibliothèque intérieure

Une fois la première porte ouverte, ma curiosité ne s’est plus refermée. Pendant les années qui ont suivi, j’ai construit, livre après livre, séminaire après séminaire, ce que je pourrais appeler une bibliothèque intérieure.

« La Vie des Maîtres » : un livre qui repousse les limites du possible

Très tôt dans mon cheminement, j’ai lu La Vie des Maîtres de Baird T. Spalding — un témoignage saisissant rapportant les rencontres d’une expédition occidentale du début du XXe siècle avec des maîtres spirituels en Inde et au Tibet. Ce livre a été un point tournant majeur. Il décrit des phénomènes — guérisons, manifestations, dépassements des lois physiques apparentes — qui posent une question vertigineuse : et si les limites que nous tenons pour acquises n’étaient en fait que des conventions mentales ? Sans tomber dans une lecture naïve du livre, l’effet sur moi a été précis : une ouverture intérieure à l’idée qu’il n’y a probablement pas de plafond fixe à ce que peut accomplir un être humain qui s’ouvre véritablement. Cette intuition n’a jamais quitté ma posture depuis.

Plus de 200 livres en deux décennies

J’ai lu, au fil des années, plus de deux cents ouvrages sur la loi de l’attraction, la physique quantique appliquée à la conscience, et progressivement sur l’auto-guérison. Le Secret, What the Bleep Do We Know!? ont été des points de bascule médiatiques importants pour beaucoup de gens à l’époque. Pour moi, ils ont surtout servi de portes d’entrée vers la quasi-totalité des auteurs interviewés dans ces deux ouvrages, que j’ai ensuite suivis individuellement : Bob Proctor, Esther Hicks, Joe Vitale, Michael Beckwith, Neale Donald Walsch, Bruce Lipton, Eckhart Tolle, parmi beaucoup d’autres. Chacun a apporté une pièce supplémentaire à la compréhension d’ensemble.

Les séminaires : James Ray et Gregg Braden

J’ai assisté à deux séminaires de James Ray et un de Gregg Braden. Ces rencontres en présentiel m’ont apporté quelque chose que les livres seuls ne pouvaient pas donner : la possibilité d’observer les enseignants en chair et en os, de sentir leur cohérence — ou leur absence de cohérence — au-delà du discours.

Une anecdote concernant Gregg Braden me fait toujours sourire. Une amie qui m’accompagnait avait formulé l’intention claire de pouvoir le rencontrer personnellement. Avant cette rencontre, j’avais eu la chance de l’observer pendant quelques minutes dans le lobby de l’hôtel, alors qu’il discutait avec d’autres personnes. Plus tard ce jour-là, dans l’ascenseur de l’hôtel, nous nous sommes retrouvés exactement face à lui. J’ai eu l’occasion de lui serrer la main brièvement.

Ce qui m’a frappé, c’est la parfaite cohérence entre le Gregg Braden que l’on voit sur scène ou dans ses vidéos et celui que j’ai rencontré en personne : authentique, vrai, profondément humain, sincèrement heureux de la rencontre. Aucun ego de vedette, aucune distance protocolaire. C’est exactement la même personne sur scène et dans le couloir d’un hôtel. Cette cohérence m’a marqué — elle est devenue pour moi un repère pour évaluer la qualité humaine d’un enseignant.

La nuance importante sur James Ray

Concernant James Ray, mon expérience a été plus contrastée. Pendant les séminaires, je trouvais son contenu exact et cohérent intellectuellement. Mais je ressentais une sorte de malaise diffus, une dissonance que je n’arrivais pas à formuler clairement à l’époque. J’avais l’impression qu’il disait, sans le formuler ainsi, « faites ce que je dis et pas ce que je fais ». L’incident tragique de Sedona en 2009, où plusieurs participants ont perdu la vie lors d’un événement qu’il animait, a partiellement confirmé cette intuition initiale. J’avais brièvement croisé certaines des personnes présentes à Sedona lors de séminaires antérieurs.

Cette expérience m’a appris une leçon que je n’oublie pas : la valeur d’un enseignement peut être dissociée de la maturité de celui qui l’enseigne. Un contenu juste peut être porté par quelqu’un qui ne l’incarne pas pleinement. Le discernement personnel reste irremplaçable, même — et surtout — face à des autorités reconnues.

Les formations en ligne et Gaia

Plus récemment, j’ai complété ce parcours par plus d’une vingtaine de formations vidéo sur Mindvalley et The Shift Network, où j’ai approfondi le travail de plusieurs auteurs majeurs : Joe Dispenza, dont les travaux sur la neuroscience et la neuroplasticité m’ont particulièrement nourri ; Lynne McTaggart, pour ses recherches sur le pouvoir de l’intention et le champ unifié ; Sue Morter, pour sa vision intégrée du corps énergétique ; Cindy Dale, pour ses cartographies précises des champs subtils ; Eileen McKusick, pour son travail sur le son et la biofield tuning ; Richard Gordon, fondateur du Quantum-Touch, dont l’approche concrète a marqué ma compréhension de la circulation énergétique ; Marisa Peer, pour son travail sur les croyances limitantes. Mon abonnement de longue date à Gaia me donne accès à un flux continu de documentaires sur le développement personnel qui nourrit ma réflexion. Ces ressources, accessibles depuis chez soi, démocratisent un savoir qui demandait autrefois de coûteux déplacements internationaux.

Le tournant Hawkins (2015) et la guérison vécue dans mon propre corps

Si je devais isoler un moment unique qui a fait basculer mon parcours, ce serait l’année 2015 et ma découverte de l’œuvre de David Hawkins. Plusieurs lectures et techniques précédentes m’avaient préparé à cette rencontre — sans toutefois produire de transformation tangible. Hawkins est venu donner une clé de lecture qui éclairait rétrospectivement bien des expériences antérieures.

« Puissance contre force » : un livre qui se mérite

J’ai commencé par Puissance contre force, considéré comme un incontournable pour comprendre et tester les fréquences vibratoires. La lecture m’a pris plusieurs mois — non pas par paresse, mais en raison de la fréquence vibratoire très élevée du livre lui-même. Je devais relire chaque chapitre deux ou trois fois pour bien assimiler. Ce phénomène, qu’il faut avoir vécu pour comprendre, m’a beaucoup appris sur la nature même de l’information énergétique.

J’ai recommandé chaleureusement ce livre à plusieurs amies. Une seule a réussi à le lire jusqu’au bout. Les autres m’ont rapporté qu’elles n’arrivaient pas à entrer dedans, qu’elles s’endormaient, que ça leur paraissait incompréhensible. J’ai compris quelque chose à ce moment-là sur les fréquences vibratoires de mon entourage — observation que je formule aujourd’hui sans jugement, simplement comme un constat. Il faut avoir lu Hawkins pour saisir pourquoi cette affirmation n’est pas un trait d’arrogance.

« Lâcher prise » : l’expérience qui a tout changé

Le deuxième livre de Hawkins que j’ai abordé fut Lâcher prise : le plus court chemin pour se libérer des blocages. Il proposait un exercice extrêmement simple pour libérer des blessures émotionnelles inscrites dans le corps. Je n’y croyais pas trop, honnêtement. Mais comme je le fais avec chaque livre ou cours que je suis, j’ai testé l’exercice plutôt que de me contenter d’opinions.

Je me suis concentré sur mon mal de dos pendant vingt minutes, en suivant la méthode décrite. Une pensée a surgi, comme venant d’ailleurs : mon mal de dos avait été causé par les nombreuses querelles avec mon père entre 1988 et 1991, pendant le long processus de transfert de la ferme familiale. Je ne comprenais pas tout de suite le rapport entre ces conflits anciens et mes douleurs physiques. Je suis allé me coucher.

Le lendemain matin, à ma grande surprise, mon mal de dos avait complètement disparu. Vingt-deux ans de souffrance partis du jour au lendemain. J’étais sceptique. Je m’attendais à voir le mal revenir dans les jours suivants. Eh bien non. Il n’est jamais revenu, du moins pas dans cette forme. J’ai bien sûr des douleurs sporadiques à d’autres endroits, normales pour quelqu’un qui exerce un métier physique, mais elles passent rapidement et n’ont rien à voir avec le problème d’origine.

Ho’oponopono : une expérience révélatrice par contraste

Quelques années avant la lecture de Hawkins, j’avais découvert Zéro limite de Joe Vitale, qui décrivait la technique de Ho’oponopono utilisée par le Dr Ihaleakala Hew Len. Cette pratique hawaïenne de réconciliation tient en quatre phrases répétées : « Je suis désolé, pardonne-moi, merci, je t’aime ». Le Dr Hew Len est célèbre pour avoir, dit-on, contribué à transformer un service hospitalier de patients criminels en travaillant simplement sur lui-même, à partir de leurs dossiers.

Comme à mon habitude, j’ai testé la technique consciencieusement. Sans aucun résultat tangible, je dois l’admettre. La répétition des quatre phrases, dans mon cas, n’a rien produit. J’aurais pu en conclure que la méthode ne valait rien — beaucoup de gens font ce raccourci.

Quelques années plus tard, en lisant Hawkins, j’ai compris ce qui m’avait échappé. Le livre, qui tient pourtant en cent cinquante pages, omet l’essentiel : le Dr Hew Len possède une fréquence vibratoire personnelle très élevée — au-dessus de 500 sur l’échelle de Hawkins, qui correspond à l’amour véritable. Sa pratique réelle consistait à se connecter à distance au patient à partir de sa photo et à lui envoyer une grande quantité d’amour pur. La répétition des quatre phrases n’était que le support superficiel d’une opération énergétique infiniment plus profonde. Le livre, focalisé sur les quatre phrases, donne à des milliers de lecteurs un outil dont l’essentiel — la fréquence vibratoire de celui qui le manie — leur reste inaccessible.

Cette compréhension rétrospective m’a marqué profondément. Elle illustre un phénomène que j’ai observé ensuite chez beaucoup d’autres techniques de développement personnel : la méthode visible n’est souvent que la partie émergée d’un travail intérieur plus vaste, dont la transmission demande bien plus qu’un livre. C’est aussi pour cela qu’un même protocole produit des résultats si différents selon qui le pratique. La conscience de celui qui fait compte autant que ce qu’il fait.

EFT et tapping : la même leçon, sous un autre angle

Une expérience parallèle est venue confirmer cette intuition. En 2007, j’avais découvert l’EFT — Emotional Freedom Techniques — qui propose de tapoter certains points d’acupuncture en formulant des phrases ciblées sur une émotion à libérer. J’ai testé, consciencieusement et avec rigueur. Aucun résultat. Plus tard, j’ai lu Nick Ortner sur le tapping, qui reprend la même méthode sous une appellation grand public. Toujours rien. J’ai même suivi un cours en ligne complet animé par une formatrice reconnue dans le domaine — dont le nom m’échappe aujourd’hui. Le résultat fut identique : zéro effet observable.

J’ai fini par comprendre pourquoi. Pour que la technique fonctionne, il faut réellement ressentir l’émotion que l’on cherche à transmuter pendant qu’on tapote les points. Or, je suis un homme dans un métier d’agriculteur, dans une culture où les émotions n’ont pas beaucoup de place. Je ne suis pas non plus un bon acteur capable de convoquer une émotion sur commande. La technique demandait un préalable que je ne maîtrisais pas — et que les manuels présentent comme une évidence acquise par tous, alors qu’elle ne l’est absolument pas.

Une suite à cette expérience me fait toujours sourire. J’ai contacté la formatrice du cours en ligne pour lui faire part de mon constat : la technique n’avait pas marché chez moi, j’avais trouvé pourquoi, et je me proposais de partager mes observations avec sa communauté si elle le souhaitait — au profit de ses lecteurs masculins ou peu connectés à leurs émotions, qui devaient probablement vivre la même chose en silence. Son assistante m’a répondu poliment que le tapping fonctionne sur tout et pour tout le monde, et qu’on ne désirait donc pas en savoir plus. Cette réponse, par sa fermeture même, confirmait ce que j’avais découvert : un dogmatisme méthodologique qui prive les utilisateurs d’une compréhension réaliste de ce que la technique demande vraiment.

Cette double leçon — Ho’oponopono et EFT — a profondément orienté ma posture future de praticien : ne jamais survendre une méthode, toujours reconnaître ses préalables réels, accepter qu’une technique qui aide une personne puisse ne rien produire chez une autre, et le dire honnêtement. Le contraire, c’est un manque de respect pour celles et ceux qui essaient sincèrement et n’obtiennent rien.

Robert Gilbert et la déviation de la kundalini : une découverte tardive

Plus récemment, sur Gaia, j’ai regardé l’ensemble des documentaires de Robert Gilbert, disciple américain d’Ibrahim Karim et fondateur du Vesica Institute. Bien que je n’aie pas véritablement exploré la BioGeometry — discipline qu’il enseigne par ailleurs —, ce qui m’a fasciné chez lui, c’est la profondeur encyclopédique de sa connaissance des enseignements ésotériques des grandes religions du monde. Il a commencé à les étudier dès l’âge de quinze ans : les enseignements réservés à un cercle restreint de disciples sélectionnés, dans le christianisme, le judaïsme, l’islam, l’hindouisme, le bouddhisme. Quand il évoque un symbole ou une vérité dans une tradition, il peut instantanément en décrire l’équivalent dans trois ou quatre autres. Cette capacité m’a frappé : lorsqu’une vérité est absolue, elle apparaît partout, dans toutes les traditions sérieuses, sous des formes différentes mais reconnaissables. C’est un excellent critère de fiabilité — et un excellent antidote au sectarisme spirituel.

Les Beatles, l’Inde et l’accélération occidentale

Une anecdote racontée par Robert Gilbert m’a particulièrement éclairé sur mon propre parcours. À la fin des années 1960, plus précisément en 1968, les Beatles ont passé plusieurs semaines dans l’ashram de Maharishi Mahesh Yogi à Rishikesh, en Inde. Cette visite a déclenché en Occident une vague de fascination sans précédent pour la méditation. Soudainement, des millions d’Européens et d’Américains voulaient apprendre à méditer comme leurs idoles.

Les grands maîtres indiens ont alors envoyé leurs meilleurs disciples pour répondre à cette demande. Mais l’Occident impose ses codes : rapidité, efficacité, résultats à court terme. Là où les enseignements traditionnels prenaient des années en Inde, ils se sont retrouvés condensés en stages intensifs de quelques jours ou semaines. Selon Robert Gilbert, cette accélération a eu un coût : entre 20 et 30 % des élèves occidentaux ont développé ce qu’on appelle une déviation de la kundalini — un mécanisme par lequel l’énergie subtile, censée monter le long de la colonne vertébrale, est bloquée ou détournée, probablement comme protection naturelle contre une activation trop rapide.

Une reconnaissance immédiate

En écoutant cette explication, j’ai immédiatement compris que j’étais probablement concerné. Mon introduction à la méditation en 2004, lors du séminaire intensif d’une semaine, correspondait précisément au format accéléré décrit par Gilbert : plusieurs heures de pratique par jour, sans préparation préalable approfondie, dans un cadre occidental d’efficacité. Pendant près de vingt ans, j’avais pratiqué quotidiennement sans franchir certains paliers — sans soupçonner qu’un blocage technique précis pouvait en être la cause.

Le remède simple et la pratique quotidienne

Heureusement, Robert Gilbert ne se contentait pas de décrire le problème — il indiquait le remède. Il s’agit d’un geste d’une simplicité déconcertante : maintenir la pointe de la langue contre le palais en permanence, sauf bien sûr lorsque l’on parle ou mange. Ce contact rétablit un circuit énergétique précis, celui que les traditions chinoises connaissent comme la connexion entre les vaisseaux gouverneur et conception, et qui permet à l’énergie de circuler harmonieusement plutôt que de stagner ou de dévier. Curieusement, je n’ai trouvé ce circuit illustré dans aucun des nombreux livres que j’avais lus jusque-là.

J’ai commencé cette pratique en août 2023. Au moment où j’écris ces lignes, cela fait près de trois ans que je maintiens ce contact langue-palais en continu. Les bienfaits se font sentir constamment : énergie qui circule différemment, méditation plus profonde, sensations corporelles modifiées de manière subtile mais nette. Il me reste encore quelques blocages à dénouer — la patience est de rigueur, parce qu’on rééquilibre dans la durée ce qui a été déformé pendant deux décennies. Mais la trajectoire est claire et positive.

Une autre clé : le ventre du Bouddha

Robert Gilbert mentionne également une réinterprétation qui m’a marqué. Le Bouddha est souvent représenté avec un ventre proéminent — non pas parce qu’il aurait été obèse, comme beaucoup le supposent en souriant, mais parce que le ventre est la seule zone du corps où l’on peut accumuler du prana en grande quantité sans déséquilibre. Toutes les autres zones, si elles concentrent trop d’énergie, créent des tensions, des blocages, parfois des troubles. Le ventre, lui, peut absorber et conserver le prana indéfiniment. Cette précision change le regard sur la statuaire bouddhique et sur l’importance accordée par tant de traditions au centre énergétique du bas-ventre — le hara japonais, le dantian chinois, le chakra sacré indien.

Cette série de découvertes via Robert Gilbert a renforcé chez moi une conviction qui orientait déjà toute ma pratique : les sources sérieuses convergent. Les vraies clés énergétiques se retrouvent dans plusieurs traditions sous des formes parallèles. Et un enseignant solide est celui qui peut tracer ces correspondances plutôt que de défendre le territoire d’une seule école.

D’autres améliorations dans la durée

Au fil des années qui ont suivi, d’autres choses ont évolué. Mes maux de tête mensuels ont cessé complètement vers 2019. Les rhumes se sont raréfiés — j’en ai désormais un seul, généralement très léger, par hiver. Ce n’est pas une santé parfaite. Il me reste des choses à améliorer — ma vue, par exemple, qui n’est plus celle de mes vingt ans. Mais dans l’ensemble, je m’améliore continuellement, et cette trajectoire à la hausse, après des décennies de stabilité moyenne, me confirme que quelque chose travaille.

⚠️ Précision importante : ce témoignage est strictement personnel. Je ne prétends en aucun cas que tout le monde puisse obtenir le même résultat avec le même exercice. Chaque corps, chaque histoire, chaque blessure est unique. Aucune douleur chronique ne devrait être traitée par un exercice énergétique sans qu’un suivi médical approprié ait été mis en place en parallèle.

La rencontre avec Stephanie et la découverte du soin à distance

En 2008, lors d’un des séminaires de James Ray, j’ai rencontré Stephanie Massengale. Avec sa permission, je peux mentionner son nom et renvoyer vers son site web.

Une amitié construite sur l’évolution de la conscience

Stephanie effectuait un cheminement personnel semblable au mien, avec quelques années d’avance. Au fil des années, nous avons construit une relation d’amitié durable. Notre sujet de discussion préféré, encore aujourd’hui, c’est l’évolution de la conscience humaine. Nous avons constaté que nous évoluons tous deux plus rapidement quand nous partageons nos expériences pratiques quotidiennes plutôt qu’en restant chacun dans notre coin. Cette amitié intellectuelle et spirituelle a été l’un des cadeaux les plus précieux de mon parcours.

2016 : les premiers soins à distance

Aux environs de 2016, j’ai commencé à pratiquer des soins énergétiques à distance pour aider Stephanie — qui habite à plus de 3 000 kilomètres de chez moi — mais aussi, et peut-être surtout, pour vérifier si j’en étais réellement capable. Mon scepticisme méthodologique restait actif : je voulais des preuves expérimentales, pas des suppositions.

Le protocole était simple. Stephanie m’appelait en avant-midi pour demander mon aide. Je lui répondais que j’étais au travail mais que je penserais à elle plus tard, dans un moment tranquille. Je notais alors précisément l’heure à laquelle j’effectuais le soin. De son côté, particulièrement sensible et réceptive, elle notait l’heure exacte à laquelle elle ressentait l’énergie. Le lendemain, nous comparions au téléphone. Les heures correspondaient systématiquement.

L’expérience qui a ébranlé ma conception du temps

Une expérience particulière mérite d’être racontée. Un jour, j’ai complètement oublié sa demande. J’y ai pensé seulement le lendemain matin. J’ai alors envoyé l’énergie de guérison avec une intention précise : qu’elle la reçoive huit heures plus tôt, au moment où elle s’apprêtait à aller dormir la veille. Plus tard dans la journée, lors de notre échange téléphonique, sans que je lui aie encore expliqué quoi que ce soit, elle m’a dit avoir ressenti l’énergie « au moment d’aller dormir ».

Cette expérience, parmi d’autres semblables, m’a profondément ébranlé dans ma conception linéaire du temps. Je ne prétends pas en tirer une théorie générale, et je laisse aux physiciens et aux philosophes le soin de proposer des cadres explicatifs. Je constate simplement, avec l’humilité de l’observateur, que ce que j’ai vécu ne s’inscrit pas dans le cadre habituel selon lequel le temps coule uniformément du passé vers le futur. Des auteurs comme Gregg Braden et Lynne McTaggart, dans leurs travaux sur la non-localité et le champ unifié, effleurent cette même intuition.

L’élargissement de la pratique : éthique et résultats observés

Au fil des années, ma pratique du soin à distance s’est élargie au-delà du seul cas de Stephanie.

Le consentement comme principe absolu

Stephanie a commencé à me solliciter pour des personnes de son entourage. Une règle non négociable s’est installée : je ne procède jamais sans le consentement explicite de la personne concernée. La seule exception possible, et elle est extrêmement rare, est la situation d’urgence dans laquelle la personne se trouve dans l’incapacité physique de donner son accord. Ce respect du consentement n’est pas pour moi une formalité administrative — c’est une question de respect fondamental de la liberté intérieure de chacun. Aucun soin ne devrait être imposé, même avec les meilleures intentions du monde.

La méthode et les résultats observés

Pour le soin à distance, je n’ai pas besoin de photo, de visioconférence, de présence simultanée. Le nom de la personne et le lien de connexion par l’intermédiaire de Stephanie suffisent. Cette simplicité m’a longtemps surpris moi-même.

Les résultats observés au fil des années sont majoritairement positifs, parfois bien au-delà des attentes initiales. Un faible pourcentage de personnes sont moins réceptives et ne constatent aucune amélioration notable de leur situation — c’est une réalité que je tiens à mentionner, parce que toute affirmation de réussite à 100 % serait un signe de manque de sérieux. En revanche, un point me frappe rétrospectivement : je n’ai jamais constaté d’effets négatifs. Cette innocuité fait partie des raisons pour lesquelles je continue cette pratique avec confiance.

Pourquoi je travaille principalement à distance

Je pratique rarement des soins en présentiel avec imposition des mains. Le travail à distance fonctionne aussi bien selon mon expérience, et il présente des avantages pratiques indéniables : moins contraignant pour mon horaire, le client n’a pas à se déplacer, je peux travailler depuis mon environnement habituel. Pour des considérations de praticité, simplement, c’est devenu mon mode privilégié.

Une anecdote familiale qui fait sourire

Une réalité me fait toujours sourire avec une pointe d’ironie. Les gens de ma propre famille sont très cartésiens et n’envisagent absolument pas que je puisse les aider énergétiquement à quoi que ce soit. J’ai abordé le sujet en douceur à quelques reprises et j’ai ressenti chaque fois un blocage total de leur part. Curieusement, ces conversations semblent ne pas avoir laissé de trace dans leur mémoire — comme si le sujet, n’ayant pas trouvé d’accroche dans leur cadre conceptuel, n’avait pas été véritablement intégré. Ils ignorent aujourd’hui complètement ce que je peux faire. Le proverbe « nul n’est prophète en son pays » n’a jamais été aussi vrai. J’ai appris à composer avec cette réalité sans amertume — c’est même devenu une part de mon humilité quotidienne.

Ce que ce parcours m’a appris

Vingt ans de cheminement, c’est suffisant pour décanter quelques apprentissages que je peux aujourd’hui partager.

L’expérience prime toujours sur la croyance

La principale leçon de mon parcours, c’est qu’on ne progresse jamais en adoptant des croyances par adhésion. On progresse en testant, en observant, en vérifiant. Ma posture initiale de scepticisme méthodique ne m’a jamais quitté — elle s’est simplement raffinée. Chaque livre, chaque enseignement, chaque pratique passe pour moi par l’épreuve de l’expérimentation personnelle avant d’être intégré ou écarté.

L’humilité face aux résultats

Je sais aujourd’hui que je ne contrôle pas tout. Que certaines personnes répondront magnifiquement à un accompagnement, que d’autres ne ressentiront rien, et que cela ne dépend pas seulement de la qualité du praticien. La rencontre énergétique est un dialogue à deux voix. Cette humilité protège du sentiment de toute-puissance, qui est probablement la dérive la plus dangereuse pour quiconque exerce ce type de pratique.

Le discernement avant la confiance aveugle

L’épisode James Ray m’a rappelé que la maîtrise technique d’un enseignant n’implique pas sa maturité humaine. Cette leçon vaut autant pour les enseignements que je reçois que pour la posture que je dois moi-même incarner comme praticien. La cohérence entre ce qu’on dit et ce qu’on est, voilà la mesure véritable. Je conseille toujours aux personnes qui me consultent de faire confiance à leur intuition lors du choix d’un praticien — le ressenti immédiat dit souvent plus que les diplômes affichés.

Les expériences que je ne raconterai pas

Il existe d’autres expériences vécues dans ma pratique que je ne raconterai pas ici. D’abord par respect absolu de la confidentialité des personnes concernées — c’est une règle inviolable. Ensuite parce que certaines situations ont connu des évolutions tellement marquantes qu’en les partageant publiquement, je risquerais de créer chez des lecteurs vivant des problématiques similaires des attentes que je ne peux ni promettre, ni reproduire à volonté. Chaque parcours est unique, chaque personne reçoit ce qu’elle peut recevoir au moment où elle peut le recevoir. Cette retenue fait partie intégrante de ma posture de praticien.

Où j’en suis aujourd’hui

Vingt ans après mes premières lectures de Pierre Morency, les soins énergétiques sont devenus pour moi bien plus qu’une discipline : un mode d’être au monde, ancré dans la pratique quotidienne et nourri par l’observation continue. Ce parcours, je ne l’ai pas choisi un matin de manière délibérée. Il s’est construit étape après étape, au gré des lectures, des rencontres, des expériences vécues dans mon propre corps et auprès des personnes qui m’ont fait confiance.

Pour qui se trouverait aujourd’hui là où j’étais en 2003 — sceptique, fatigué, vaguement curieux —, je n’ai qu’un message : ne croyez rien sur parole, mais ne fermez pas la porte trop vite. Testez. Observez. Vérifiez par vous-même. Ce qui doit s’ouvrir s’ouvrira au bon moment, à condition qu’on ait laissé un peu de place. Tout reste à explorer, tout reste à approfondir — et c’est précisément ce qui rend cette aventure si vivante.

Je voudrais terminer par une image qui résume bien ma posture après ces vingt années. Chaque fois que je lis un livre, que j’assiste à un séminaire ou que je regarde un documentaire sur Gaia, j’ajoute de petites pièces d’information à un grand assemblage intérieur — un casse-tête, en quelque sorte. Mais contrairement au casse-tête classique, où l’on travaille avec l’image imprimée sur la boîte sous les yeux, en commençant par les coins et en construisant les bords, ce casse-tête-là est à l’envers. On ne voit pas l’image finale. Il n’y a pas de cadre. Et chaque fois qu’on a l’impression d’avoir posé quelques pièces de plus, de nouvelles pièces apparaissent. Le casse-tête s’étend à l’infini.

Comprendre la loi de l’attraction, les multiples vecteurs de forces qui influencent nos vies, l’anatomie subtile, la circulation énergétique, les enseignements ésotériques convergents des traditions du monde — tout cela ressemble à un puzzle dont les bordures reculent à mesure qu’on progresse. C’est à la fois humble et passionnant. Humble parce que je sais aujourd’hui que je n’aurai jamais l’image complète. Passionnant parce que cela signifie qu’il y aura toujours quelque chose à découvrir, à comprendre, à intégrer. C’est précisément cette ouverture infinie qui rend l’aventure si vivante — et qui me garde, après vingt ans, dans la même posture qu’au premier jour : celle d’un curieux qui teste, observe et apprend.